Exiger ou mourir (La cinquantaine en croisade)
"On est-tu assez du bon monde!" me disait en soupirant mon interlocuteur cet après-midi au bureau de poste. Il faut dire qu' en ce 30 avril, date limite pour acquitter ses "dettes" envers le ministère du revenu, on avait le temps d' engager et de poursuivre une conversation, tant la file
était longue!
Du "bon monde"? Disons plutôt des spécialistes du bla-bla, des experts de la critique, des opprimés du système de la santé, scandalisés et inquiets, soit, mais pas au point de le faire savoir haut et fort. Des victimes potentielles ou réelles du manque flagrant de médecins, mais pas suffisamment pour le dénoncer collectivement par tous les moyens possibles. En bons Québecois, on baisse les bras en plaidant l' inégalité des forces en présence: le pouvoir suprême du Collège des médecins et ses exécuteurs du ministère de la santé vs. nous, le monde ordinaire. Du "bon monde" vous dites?...
Mon interlocuteur aurait bien pu ne pas être au bureau de poste aujourd' hui pour me raconter son drame personnel, celui de milliers de nos compatriotes si compréhensifs, si tolérants!
Il y a une couple d' années, il s' est inquiété d' une tache sombre sous un pied. Sans médecin de famille- un luxe dans cette société pourtant censée être une des plus "avancées" au monde- il s' est présenté à la clinique médicale. Premiers revers: plus de sans-rendez-vous. Il faut appeller dans un mois pour en prendre un. Un mois plus tard, la tache sombre s' est aggrandie et le sans-rendez-vous affiche complet jusqu' au mois suivant. Mon interlocuteur ne voulant pas "abuser du système d' urgence de l' hôpital" situé dans la ville voisine, il se contente "en attendant" de consulter l' infirmière de service du CLSC. Celle-ci le rassure en lui disant que selon l' aspect de la tache en question, il n' y a pas probablement pas lieu de s' inquiéter et que de toutes manières, le seul médecin permament en poste n' a aucune disponibilité avant plusieurs semaines, ajoutant que ce dernier est sur le bord du burn-out, avec un horaire de 65 heures/semaine. De quoi se rassurer, effectivement!..
Notre ami prend donc son mal en patience encore une fois, jusqu' au jour où la tache commence à se colorer bizarrement et même à se reproduire. Coup de panique de la part de l' épouse, qui connaît quelqu' un qui connaît un proche du chirurgien X , lequel accepte de recevoir notre homme en urgence. Le diagnostique ne tarde pas: mélanome , stade 2. En d' autres mots: cancer de la peau au stade 2 sur 3. En clair: mon interlocuteur doit ses chances de survie in extremis à la madame qui connaissait un proche de...
Le ministère de la santé persiste à affirmer que les régions ne manquent pas du tout de médecins. Non mais ils nous prennent pour qui? Du maudit bon monde! Ouais!...
Un lien qui en dit long....
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/04/20070429-085202.html




