mercredi 27 juin 2007

Immigration en région: on recrute!

Après seulement un an et demi à la barre de Portes ouvertes sur le lac, la coordonnatrice nous annonce qu' elle quitte le navire. Surprenant!... Bref, on est à la recherche d' un candidat ou d' une candidate qui a le goût des défis qui sortent de l' ordinaire et le potentiel pour les relever. Original non? :)

Cela m' incite à "élucubrer"sur la difficulté, pour un comité de sélection, à décoder correctement le dit et le non-dit lors d' une entrevue. J' en ai fait l' expérience il y a quelques temps (pas en tant que candidate, mais comme membre d' un comité de sélection) et j' avoue avoir trouvé la tâche plus ardue que je ne l' imaginais. Il faut dire que j' ai une certaine propension (ou une propension certaine) à me mettre dans les souliers des autres et à ressentir quelque peu ou beaucoup, les émotions qui les habitent. Rien d' agréable lorsque le propriétaire des dits souliers a la figure toute rouge d' anxiété, les mains qui ne cessent de se croiser et de se décroiser, la bouche qui esquisse des sourires déformés par la gêne ou qui vous projette à la figure des phrases qui rivalisent d' incongruité.

"Au suivant!"

Ah!!!!!!! Voilà enfin des chaussures confortables! Il est évident que son propriétaire s' est soigneusement renseigné sur le sujet, qu' il décrit avec des détails à nous faire rougir, nous, ses bourreaux. Voyons un peu...

- (Candidat solide) 1 Canadien sur 5 est issu de l' immigration. Il n' y a que 2 pays: les États-Unis et l' Allemagne, qui dénombrent plus d' immigrants que les 1.2 million de nouveaux immigrants canadiens recensés dans les 5 dernières années.

- (membre du c. de s.)En effet! (avec l' air d' être au courant)

-L' immigration sera d' ici 20 ans la seule source de croissance démographique en valeur nette, puisqu' il y aura alors plus de décès que de naissances.

- Bien entendu! (wow! C' est vite passé, 20 ans!)

- C' est donc dire que nous devons prendre tous les moyens pour favoriser l' immigration sur notre territoire; il en va de notre survie!

- Bravo! ( yeah! On a trouvé notre perle rare!) Alors dites-nous lesquels de ces moyens vous mettrez de l' avant si vous obtenez ce poste d' agent d' intégration sociale?

- Ah! J' y ai réfléchi sérieusement et premièrement, j' expliquerai aux immigrants intéressés à venir habiter dans le coin, qu' au Lac, ils vont avoir une excellente qualité de vie.

- Très bien! Comme par exemple?

- Ben, ici c' est prouvé que le monde est plus heureux que dans les grandes villes.

- En effet! (hum...un peu vague comme exemple, mais donnons la chance au coureur) .
Mais encore?

- Euh, ben c' est ça! Par ici on a tout ce qu' il faut pour bien profiter de la vie.

- Oui mais concrètement? (un peu de sens pratique peut-être?)

- J' sais pas trop. Genre que... on aime ça fêter, prendre une ' tite bière ou deux! (rires à gorge déployée)

- (En plein dans le mille! Ça va se bousculer au portillon c' est certain!)
Candidat suivant s.v.p!

L' appel de candidatures pour le poste de coordonnateur de POL est valable jusqu' au 7 juillet. Avis aux intéressés! Précision: je ne porterai pas d' autres chaussures que les miennes lors des entrevues; d' autres plus doués que moi pour le "décodage" sauront dénicher l' oiseau recherché. En espérant qu' il ne s' envole pas après quelques mois cette fois!

Pour les candidats, il suffit de poster votre CV à l' adresse indiquée dans la page web de Portes ouvertes sur le lac: http://www.portesouvertessurlelac.org/contact.php à l' attention de M. Patrice Boivin.

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samedi 23 juin 2007

La Saint-Jean selon La Cinquantaine.




Nous serons des dizaine de milliers encore cette année à vouloir être de la fête, NOTRE fête. Que ce soit sur les sites prévus à cette fin, ou par le biais des spectacles diffusés à la télé, le 24 juin est depuis 1834 une date marquante du calendrier québecois et ce encore aujourd' hui, malgré la baisse de popularité de l' option indépendantiste.




N' en déplaise à ceux qui se proclament profondément fédéralistes , un vrai patriote dort au fond de chacun de nous et la "patrie", c' est là où on parle la même franche langue, où on perpétue les valeurs traditionnelles, où on est fiers de voir nos enfants grandir et s'épanouir. C' est que la nation québecoise est tricotée serrée! Sans compter cet esprit latino ancestral qui nous habite, nous interpellant irrésistiblement pour tout événement qui invite la "gran familia" à se réunir. Un autre de ces traits caractéristiques qui font de nous un peuple si différent de nos voisins!




Je me prends à rêver...Si chacun des participants ou des spectateurs présents aux célébrations de ce soir et demain pouvait garder haute la flamme de sa fierté d' être québecois après la Saint-Jean, peut-être que quelques-unes de ces étincelles finiraient par rejaillir sur l' ensemble de cette population toujours incertaine face à sa capacité d' auto-gestion!




J' ai bien dit: "rêver"! :) Bonne Saint-Jean et vive le Québec...fier!




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samedi 16 juin 2007

La Cinquantaine chez les Atikamekws


Kwei! Kwei! Me revoici, la tête encore pleine des inoubliables moments passés à Wemotaci. L' expérience, en quelques mots:


étonnante, dépaysante, fatiguante, trop courte, merveilleuse!




A partir de La Tuque, direction La Croche, ce sera presque une heure et demi de brasse-camarade sur une chaussée rocailleuse par endroits, où chaque courbe- il y en a passablement- provoque la rencontre de fardiers ou de camion conduits par des travailleurs forestiers aguerris. De nuages de poussière en nuages de poussière, de pourvoirie en pourvoirie (quand même!), n0us finissons par apercevoir les premiers bâtiments du village, puis l' annonce d' un restaurant: Mistral. La plaie des McDo n' a pas encore réussi à contaminer ce sanctuaire de lacs et de rivières bordés de forêts vierges; c' est tout dire!


Des dizaines d' enfants enjoués marchent sur le côté de la route, quand ce n' est pas carrément au milieu: ici, les piétons sont rois et surtout s' ils ont moins de 18 ans. Ils se dirigent ou sortent de l' école avec l' air d' être déjà en vacances. Le 13 juin, déjà? Bah, c' est partout pareil au fond: une fois la révision et les examens passés, vive l' école bussionnière! (D' accord Anathyna? :) Une femme court à notre rencontre, les bras en alleluiah! C'est mon phénomène de belle-soeur, qui sera le sujet de notre premier documentaire en français. Du moins, c'est ce que mon associé, Rafael et moi espérons!

D' entrée de jeu, nous sentons que la vie dans cette communauté comptant environ 1500 Atikamekws a quelque chose de très spécial. Nous en aurons la confirmation dans les 2 jours suivants: ces gens-là ont un sens de l' accueil phénoménal et ils éprouvent pour leur petit et vaste coin de pays une fierté, un amour facilement contagieux. Ce n' est pas pour rien que ma belle-soeur, retraitée depuis 5 ans, avait accepté sans hésiter, en décembre dernier, d' y retourner pour remplacer un prof démissionnaire! Elle n' avait gardé de sa première expérience là-bas, 40 ans plus tôt, que d' affectueux souvenirs. "Un amour hors du commun", tel devrait être le titre de notre éventuel petit film, si les pourparlers avec la chaîne des Premières Nations (APTN) connaît un heureux résultat. Il y a de quoi être confiants: le sujet n' est pas ordinaire, le personnage principal encore moins et ce sera fait en collaboration avec des
jeunes Atikamekws du studio de Wapikoni Mobile de Wemotaci.
L' aventure a d' ailleurs bel et bien débuté au royaume des Petiquay, des Coocoo, des Birote, des Basile, des Awashish, des Chilton, des Newashish, des Niquay, des Chachai, des quoquochi et des Boivin: 7 cassettes tournées en 2 jours, en compagnie du très sympathique Shanouk, 22 ans (dévoué caméraman), et du réservé Marc-André , 20 ans (talentueux preneur de son). 2 jours seulement, mais dont nous avons savouré chaque moment en tant que témoins privilégiés. Des retrouvailles attendrissantes, d' impressionnants numéros de danses et de chants multi-ethniques par des enfants et des ados encouragés par plusieurs centaines de spectateurs enthousiastes, la présentation de diapositives d' une certaine époque, (fin 60) au grand bonheur des aînés et au vif plaisir de leurs descendants...Mais par-dessus tout des échanges amicaux et des rencontres instructives, spécialement en rapport avec l' éducation. Les projets de développement ne manquent pas à Wemotaci, en particulier ceux qui veulent rendre ces jeunes Atikamekws désireux pour la plupart de demeurer dans la communauté, de mieux en mieux outillés pour résister aux pièges du bien-être artificiel qui les guette; ni plus ni moins , au fond, que les jeunes de n' importe quelle ville non-autochtone n' ayant pas de travail valorisant et peu de losirs organisés à offrir à ses jeunes!

Vous avez tout compris: ce fut court mais ce fut beau! Et ce n' est pas fini!

Matachi! :)

http://www.nfb.ca/aventures/wapikonimobile/excursionWeb/communaute.php?id=6

(sur la photo: Rafael Hernandez, mon associé de Rhama Prod., en réunion de production avec nos jeunes co-équipiers:Shanouk et Marc-André)


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lundi 11 juin 2007

Un voyage pas banal à l' horizon

Objet:
Une aventure à la fois professionnelle et familiale, avec une petite saveur touristique quand même!
Destination:
Wemotaci
C' est où ça?
Dans le bois (le vrai!), à 100 km à l' ouest de La Tuque
Aventure "professionnelle"?
Eh oui! Ma petite compagnie en co-propriété, Rhama Productions, continue de faire son petit bonhomme de chemin, mine de rien...Nous avons obtenu un contrat pour réaliser deux documentaires en rapport avec les 40 ans de l' école de cette communauté Atikamekw. Nous espérons qu' ils soient éventuellement diffusés sur la chaîne APTN.
Le côté "familial" dans tout ça?
Une belle-soeur à la retraite depuis quelques années y enseigne le français langue seconde, aux petits. Un cas cette belle-soeur, je vous dis! De quoi remplir plusieurs carnets; une autre fois peut-être!

Départ tôt demain matin et 4 heures de route, alors il vaut mieux que je vous tire ma révérence! Le séjour sera bref (3 jours), mais il devrait être inspirant...si les morsures des bibittes ne viennent pas trop gâter la sauce, avec cette humidité! Et attention à vous autres mes aimables lecteurs: le soleil consommé de manière abusive et sans protection adéquate...you know!...:)


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samedi 9 juin 2007

Bonheur ou petits bonheurs? (élucubrations sur un même thème)


Le bonheur, au fond, est-ce que ça ne pourrait pas être quand la somme de nos petits bonheurs dépasse dans la balance, celle des nos contrariétés? Oui mais...sur une semaine? Une année? une vie?

Je parle de "somme" et pourtant il me semble qu' on cherche toujours trop à tout quantifier dans cette vie. Le temps passé avec les êtres chers, le nombre d' amis que l' on a, les heures actives dans une journée, la quantité d' appels reçus à notre anniversaire...Si le compte est bon, on se sent satisfait de soi et on se flatte la bedaine; sinon, la tentation est forte d' embarquer dans un espèce de cycle de culpabilité (jusqu' à l' auto-flagellation systématique)/ justification/accusation. Vous connaissez peut-être tout comme moi de ces malheureuses "victimes" qui s' acharnent à se justifier pour telle ou telle supposée malchance ou injustice de la vie, sans qu' on le leur demande d' ailleurs. Trouvant rarement satisfaction à leur mal-être, ils tendent à se rabattre sur les autres, à les envier d' être aussi chanceux, à les accuser de ne pas se montrer sympathiques, etc.Au bout du compte, elles laissent filer quantité (!) de petits bonheurs qui leur rendrait pourtant la vie tellement plus simple et agréable...

Allons-y donc pour deux de mes petits moments les plus doux des dernières 24 heures,question de faire définitivement pencher la balance... En passant, j' aimerais bien lire aussi les vôtres! L'espace pour les commentaires est là pour ça :)

- En ayant assez de raideurs au cou qui duraient depuis quelques jours, je me suis enfin décidée à prendre rendez-vous à la clinique de massothérapie. Un mini bout de femme très énergique m' a fait vivre 60 minutes tout simplement divines! J' en suis ressortie toute zen , mais avec le "boost" qu' il fallait pour continuer cette journée folle. Mais le plus beau est que les douleurs ont considérablement diminué par la suite. (Question pour moi-même: pourquoi est-ce que j' ai attendu si longtemps à m' offrir ce cadeau parfumé aux huiles essentielles à 50$, coût approximatif d' une bouteille d'eau de toilette!)

- Ma fifille est arrivée par bus hier à 19:30h et nous nous sommes payés un bon petit souper au resto en discutant des choses de la vie.

Et voilà! Bien du bonheur chez vous! :)

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jeudi 7 juin 2007

Une journée de petits bonheurs dans la petite vie de La Cinquantaine

...un déjeûner de filles chez Mike' s comme ce fut le cas ce matin,

...une belle grande marche par une soirée fraîche comme celle de ce soir, au son de mes chansons préférées d'Eros Ramazzotti , d' Éric Clapton, d' Isabelle Boulay, de Luis Miguel et autres,

...une pause 7' up inattendue, sur invitation d' une amie jardinière très spéciale,

...le sourire radieux de ma mère, ce soir, en me voyant entrer dans sa chambre comme si c' était la première fois (mes visites sont quotidiennes),

...un bon verre de sangria bien froide avant un petit souper-santé organisé par moi-même pour moi-même, comme ce fut le cas ce soir en l' absence de mon compagnon,

...l' affection ronronnante de Filou, notre bébé, à mon retour à la maison,

...les travaux de rénovation entrepris ce matin au chalet, deux semaines avant la date prévue,

...la visite de notre fille adorée annoncée pour demain,

...le plaisir anticipé du visionnement, dans quelques minutes, du film Agents Troubles, petite laine sur les épaules (ça fait-tu assez "ma tante" ça? :), Filou l'amoroso roulé en boule sur la bedaine, à moins que...

je choisisse de glisser doucement sur la pente du sommeil, remettant à demain le rendez vous avec les Agents et leurs troublantes aventures? Hum...trop tentant! ...

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lundi 4 juin 2007

poème d' un jour pluvieux


À lire de préférence à haute voix, pour la sonorité de cette si belle langue qu' est l' espagnol, mais surtout pour l' intensité qui se dégage de ce morceau poétique du grand auteur argentin.

En français: DIS-MOI

DIME...
Dime por favor donde estás, en que rincón puedo no verte, dónde puedo dormir sin recordarte y dónde recordar sin que me duela.

(dis-moi s' il te plaît où tu es, dans quel coin je peux ne pas te voir, où je peux dormir sans me souvenir de toi et où me souvenir sans que cela me fasse mal)

Dime por favor dónde pueda caminar sin ver tus huellas, dónde puedo correr sin recordarte y dónde descansar con mi tristeza.

(dis-moi s' il te plaît où je peux marcher sans voir tes pas, où je peux courir sans me rappeler et où me reposer de ma tristesse)

Dime por favor cuál es el cielo que no tiene el calor de tu mirada y cuál es el sol que tiene luz tan sólo y no la sensación de que me llamas.

(dis-moi s' il te plaît quel est le ciel qui ne possède pas la chaleur de ton regard et quel est le soleil qui n'est que lumière, sans la sensation que tu m' appelles.)

Dime por favor cuál es el rincón en el que no dejaste tu presencia. Dime por favor cual es el hueco de mi almohada que no tiene escondidos tus recuerdos.

(dis-moi s' il te plaît dans quel coin tu n' as pas laissé ta présence. Dis-moi s' il te plaît quel repli de mon oreiller ne cache pas de souvenirs de toi)

Dime por favor cuál es la noche en que no vendrás para velar mis sueños... Que no puedo vivir porque te extraño y no puedo morir porque te quiero.

(dis-moi s' il te plaît en quelle nuit tu ne viendras pas voiler mes rêves... Je ne peux vivre parce que tu me manques et je ne peux mourir parce que je t' aime.)

JORGE LUIS BORGES

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