mercredi 30 janvier 2008

Nouvelles en bref du CHSLD

- Mme Pinson continue de fredonner ses chansons d' amour préférées (pas nécessairement sur demande) en attendant sa fille qui ne vient presque jamais...

- Monsieur Marcel m' accueille toujours avec le sourire et une "tite joke", pas toujours nouvelle. Il semble effectivement que sa mémoire lui joue de plus en plus de mauvais tours, tout comme son corps sclérosé qui le trahit de jour en jour :(
Il a "fêté" dimanche le 15e anniversaire de son entrée au foyer, forcé de quitter le sien encore tout jeune!

- Le grand gaillard quinquagénaire affecté au pliage des bavettes a brusquement tiré sa révérence le mois dernier, foudroyé par un infarctus alors qu' on lui servait sa soupe préférée...

- Au menu des activités du centre, depuis que nous fréquentons les lieux, c' est-à dire plus d' un an: bingo et lancer de sacs (plutôt sachets) de sable, 3 après-midis sur 4. La créativité, la stimulation intellectuelle, dans tout ça? (sans remettre en question la générosité et le dynamisme de l' équipe d' animation)...

- Au menu (unique!) de la cuisine du centre: les mêmes mets une semaine sur deux. Appétissants tout de même, la tarte au coconut surtout!...

- Ma mère regrette beaucoup de ne pas aimer jouer au bingo ni lancer des sachets et s' ennuie parfois de son ordinateur.

- Les "bénéficiaires" n' ont pas accès à l' internet; il y en a qui disent que cela pourrait occasionner des conflits...Me semble, ouais!

BÉNÉFICIAIRES DE CHSLD GRAVEMENT BLESSÉS DANS LEURS FAUTEUILS ROULANTS-TAMPONNEURS AU COURS D'UNE DISPUTE. CAUSE: NON RESPECT DES HEURES D' UTILISATION DE L'UNIQUE ORDINATEUR MIS À LEUR DISPOSITION...

- Pour être juste, disons qu' il y en a par contre qui se montrent ouverts à l' idée d' ajouter cette option au menu des activités, en d' autres mots, de prendre le risque (ouf!)Bonne chance dans ta croisade L...Tu peux compter sur mon appui, d' autant plus que les gains d' aujourd' hui, c' est nous qui en profiterons demain!

-J' espère que "demain" est encore très loin! Et vous?

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lundi 28 janvier 2008

cherchez le Lac (Saint-Jean)!

sentier de paix

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vendredi 25 janvier 2008

Des mots aux maux (confession et repentir)


Bien franchement, si mes élucubrations au sujet de ce fameux sondage sur les générations X, Y et Baby-boomers ont pu laisser croire à une crise de susceptibilité aigue, je le regrette! J' ai plutôt eu envie de m' amuser
du spectaculaire traitement accordé par les médias aux résultats de cette enquête...Cote d'écoute et volume de ventes obligent!

Petite précision, si je peux me permettre: mes trois enfants sont du groupe X et Y. Il ressort des conversations que nous avons eues sur le thème de l' heure- preuve que les médias ont atteint leur but!- que nous, les artisans bien involontaires des déboires socio-économico-environnementaux de cette époque-ci, sommes effectivement coupables.

Ce dont ils nous accusent fait un peu cliché: avoir bénéficié "dans not' temps" des largesses de l' état et de la puissance des syndicats égoistement, sans se préoccuper de ceux qui auraient à payer la dette un jour, inévitablement. Ils reconnaissent tout de même qu' ils auraient probablement agi de la même façon à notre place. Honnêtes et directs les X et les Y, ce qui est tout à leur honneur!

Les accusations ont été portées, le jugement a eu lieu et il sera bien évidemment perpétué par l'histoire. La sentence? Nos "juges" nous diraient probablement de poursuivre notre chemin,sans longer les murs ni changer de trottoir, mais en faisant du "partage" et de la "responsabilité sociale", nos priorités absolues. Ce qui implique de renoncer à certaines pratiques de consommation bien ancrées dans nos habitudes...

Pas évident, mais juste, non?

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mercredi 23 janvier 2008

La Cinquantaine "coupable"! (guide de survie)

Dans la rue, raser les murs en regardant de tous les côtés, au cas où...

Si l' inévitable se produit(réunions intergénérationnelles), s' afficher humblement comme un inculte endetté...

Si on doit changer d' auto, opter pour une usagée de couleur terne, ou mieux: pour le transport en commun...

Partir à la retraite dès qu' on a atteint 50 ans...

Sacrifier 50% de ses prestations de retraite au profit d' un fonds de solidaritY...

Si on est dirigeant en politique ou en entreprise, démissionner pour occuper une position de subalterne...

Se condamner soi-même à travailler (bénévolement bien sûr!), à une cause environnementale...

Ne jamais prononcer publiquement les mots: "catholique" et "mariage"...

Se consoler en pensant à la dernière lettre de l' alphabet... Ces petits- Zenfants adorés qui eux aussi essaieront bien un jour de changer le monde de leurs parents, victimes eXaspérées de leurs baby-boomers de parents!

Décidément, plus ça change...:)

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vendredi 18 janvier 2008

Infos-télé: le vrai cauchemar

6:00h du matin. Après une nuit de cauchemars - faut croire que la cinquantaine tolère mal les collations de fin de soirée- me voici assise devant la télé, espérant que la marmotte que je suis retrouve le calme nécessaire à la récupération des 2-3 heures de sommeil perdues!

"Bienvenue à LCN. Les nouvelles en bref:

Une homme, apparemment atteint de maladie mentale (!) jette un bébé de quelques mois en-bas d'un viaduc...

Deux autres familles se retrouvent à la rue à la suite de l' incendie de leur demeure.

La récession qui est sur le point de frapper nos voisins du Sud ne nous épargnera pas..."


Et ainsi de suite: une litanie des nouvelles toutes plus dégoûtantes les unes que les autres.

Zap!

"Nous analyserons les principales pathologies d' animaux exotiques en captivité; âmes sensibles: s'abstenir."

Compris. re- zap!

"De bonnes accumulations accompagnées de vents parfois très forts pour aujourd'hui; forte baisse des températures par la suite".

Ok. Je peux retourner au lit et me rendormir tranquille: après tout, le vrai cauchemar, c' est au réveil qu' il commence! À moins d' imiter de ces sages, de plus en plus nombreux paraît-il, qui ont banni de leur quotidien tout ce qui ressemble à des annonces répétées et prophéties de malheur. Ça mérite réflexion!

À quand une chaîne de télé à vocation exclusivement porte-joie? "TPLZ, LA TÉLÉ QUI GARDE ZEN" par exemple!

Vous vous abonneriez vous? Allons,la vérité!...

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mardi 15 janvier 2008

Cinquante fois plus en forme: le bonheur de souffrir!


Bon...cinquante, c'est peut-être exagéré, mais il reste que la pratique régulière de l' activité physique un tant soit peu intense procure un bien-être, un regain de vitalité dont on finit par ne plus pouvoir se passer. Une vraie drogue je vous le jure!

Nous étions 24 ce matin, pour le premier cours d' "actif santé" de la session d'hiver. Et non, pas seulement des retraités, ou plutôt retraitéEs, la gente masculine y brillant comme toujours par son absence; avoir de la bedaine ne traumatise pas ces messieurs autant que ces dames, c' est un fait! Des jeunes mères de famille dans la vingtaine, des grands-mamans de 70 ans, des congénères dans la fleur de la cinquantaine...toute une brochette de femmes réunies durant une cinquantaine de minutes pour suer ensemble au son d'une musique irrésistiblement endiablée. La plupart dans l' espoir, rarement déçu, de perdre quelques kilos superflus, d' autres déjà minces mais préoccupées par le bon entretien de leur corps ainsi muni d' un bouclier efficace contre le développement et les attaques de cellules malfaisantes de toutes sortes.

Le prix à payer pour atteindre l' objectif visé est parfois, admettons-le, un peu élevé et je ne parle pas du coût d' inscription! La "coach", Claudia prend un malin plaisir à nous faire exécuter des mouvements qui, loin de nous assurer une participation à "mannequin d' un jour" en mettraient plutôt plein la vue au gars ou à la fille de "caméra cachée", avec cette gang d'énervées qui obéit docilement aux ordres de son bourreau bien-aimé:
"On court! On saute! On plie! On déplie! On bondit! On rebondit! On écarte (aouch!), On push (up)! Encore! On dribble!12 de plus! On boxe! En-avant! En-arrière! Plus haut les jambes!..."

On souffre! Que dis-je: On meurt!!! On prend notre pouls, puis on est reparties pour un quinze minutes de stretching. Finalement, le moment de relaxation: un gros 5 à 8 minutes à rêvasser sur notre matelas humide, lumières éteintes, sur fond de guitare espagnole ou de roulement des vagues. La récompense! Le bonheur!

Prochaine séance jeudi. Tout le monde sera au rendez-vous: pour la drogue, bien entendu! :)

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jeudi 10 janvier 2008

Ces adorables félins!


Qui l' eût cru! Moi qui durant toute mon enfance n' ai possédé que des chiens, tout en éprouvant un profond mépris, jumelé à une peur incontrôlée des chats, voilà que j'apprends à les connaître, à reconnaître leurs traits de personnalité si distincts les uns des autres, à les trouver drôles, bref, à les aimer.

Notre premier chat, baptisé "perlin" par notre fille alors grande fan de Passe-Partout, a vécu 16 ans parmi nous. Indépendant, gourmand, plus ou moins affectueux, il nous a fait sortir de nos gonds des centaines de fois, par ses miaulements nocturnes lancinants et pénibles. Un oiseau de nuit, un dominant fêtard et bruyant, que nos voisins devaient sûrement rêver de voir arrosé à mort par une moufette! Cependant, nos jeunes enfants, plus tard adolescents, l' adoraient. Avec eux, il savait se montrer câlin, patient, enjoué: le compagnon parfait! Il a grandi en même temps qu' eux et, par un curieux hasard, est tombé gravement malade et est mort quelques jours avant le départ de la maison de nos 2 derniers. À croire que leur absence lui serait insupportable...

Huit ans plus tard, malgré la promesse que nous nous étions faite de ne jamais laisser une présence animale brimer notre liberté de retraités occupés, un coup de coeur simultané nous faisait oublier les bonnes intentions. Nous voici donc complètement "gagas", en bons grands-parents que nous ne sommes pas encore en fait!
Filou, au contraire de son prédécesseur, est parfaitement heureux dans le confort de la maison et la chaleur de nos bras, qu' il quête presque en permanence. Bavard, il s' arrange toujours pour avoir le dernier mot, en particulier lorsqu' il a une rage de "minouches", ses friandises préférées. Intelligent, bien que parfois imprévisible et grognon, ses mimiques expressives, accentuées par le bleu profond de ses yeux, nous amusent ou nous font fondre. Son poil est si doux qu' on ne se lasse pas de le caresser et on ne s' en prive pas. "Gagas" je vous dis, sans fausse honte! D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls... Chacun de nos 3 enfants possède un chat- vous pouvez imaginer un temps des Fêtes avec 4 félins "cousins" sous le même toit?- et gare à celui ou celle qui oserait prétendre qu' ils (les chats!) ne sont pas les plus merveilleuses des bêtes!

Si les animaux ont un pouvoir sur nous les humains, c' est probablement celui de nous ramener à l' essentiel, de nous rappeler que des petits bonheurs tout simples peuvent avoir un effet impressionnant sur le stress, la solitude, le mal de vivre.
Le CHSLD local semble l' avoir compris, étant l' un des rares organismes de ce type à accepter et même encourager les visites presques quotidiennes de Kino,un magnifique bouvier bernois. C' est tout à son honneur, non?

Filou réclame ses "minouches"; je ne le ferai pas trop attendre...avec ces yeux doux qu' il me fait! :)

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lundi 7 janvier 2008

La mort exposée.

Macabre comme titre me direz-vous...Il se réfère pourtant à une réalité bien concrète, à laquelle tous les enfants du catholicisme que nous sommes, ou avons été, serons confrontés un jour ou l' autre. Pour nos proches comme pour nous-mêmes.

La cinquantaine nous amène malheureusement à "fréquenter" de plus en plus souvent ce lieu à la fois lugubre et social qu' est le salon...funéraire. Il faut reconnaître qu' il constitue parfois, pour plusieurs familles éparpillées, la seule occasion de revoir oncles et tantes, cousins et cousines côtoyés durant l' enfance, de se "mettre à jour".
- T' es rendu avec combien d' enfants? Quoi??? 2 petis-fils, déjà? Et Lise? Oupss...désolée! Séparés depuis combien de temps?... Ah bon! Martine qui? Il faudra que tu passes me la présenter un de ces jours! Au prochain "salon", ouais!...

Aujourd' hui, 7 janvier, les retrouvailles avaient lieu autour du cerceuil de ma marraine, décédée rapido suite à une mauvaise chûte, à l' âge vénérable de 90 ans et 3 mois. Je précise que nous ne sommes plus qu' une poignée de "survivants" dans cette famille décimée bien trop tôt par la faucheuse, venue il y a bien longtemps voler pères et oncles dans la cinquantaine. Quant aux femmes, aucune de mes tantes, autant du côté maternel que paternel, n' a franchi le mystérieux tunnel avant d' avoir atteint 90 ans. Ma mère est la seule de cette lignée encore vivante. Elle aura bientôt 88 ans. Toute une génétique que la mienne!...

Pour en revenir à mon titre, le mari tunisien d' une petite-cousine, qui me paraissait particulièrement mal à l' aise dans notre groupe peut-être un peu trop joyeux par moments, m' a expliqué qu' il ne comprenait pas du tout notre attitude. "Le corps exposé ici ne mérite-t-il pas tout le respect? Ne devriez-vous pas profiter de ces derniers instants en sa présence pour prier pour son âme, tous ensemble? Au moins faire semblant d' être peinés?" Tiens toi! Pas très "accomodant" le petit-cousin par alliance! Elle avait tout de même vécu 90 belles et heureuses années la tante! Sa joie de vivre était immense, alors sûrement qu' elle nous comprenait, de là-bas, ELLE! À moins que...Et si elle avait choisi de ne pas être exposée? Notre "attitude" serait-elle plus acceptable?

"Pareil", me répond l' autre. La mort, on la pleure. La naissance, on la célèbre".
D' accord, mais selon les fondements de notre religion, la mort est une espèce de renaissance, justement! Alors?...

Aucune voix ne viendra vraisemblablement se faire entendre de "là-bas", pour exprimer son approbation ou le contraire. Quoi qu' il en soit, tristesse et joie ont fait bon ménage aujourd' hui, comme c' est souvent le cas en de telles circonstances; qu' y a-t-il de mal à ça?

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mardi 1 janvier 2008

Jour 1: le départ.

Rien ne bouge. Le calme plat. Un silence assourdissant qui remplit l' air. Une espèce de vide à l'intérieur comme à l'extérieur. Ce sont les premières heures du premier jour de l'année; hier fut le dernier d' une période un peu idyllique.

Il faut bien s'y faire! Se réappropier notre espace familier, tels des corps amputés d'une partie de leurs membres. La sensation est désagréable, mais heureusement temporaire. Nécessaire aussi. Chaque étape d'un deuil l' est, jusqu' à ce que la vie reprenne tranquillement ses droits, que le soleil rayonne de nouveau de tous ses feux.

La vie, c' est ça après tout, non? Une succession de petits deuils, entrecoupée de petits bonheurs. Coupe, recoud, enfile et...repart. Du bon pied, avec optimisme et au coeur l' assurance de retouver bientôt les "morceaux manquants", ces adultes que sont devenus nos enfants. Revenus finir l' année dans le giron familial, deux d' entre eux sont repartis, après quelques jours, vers ce qui est devenu leur propre espace familier; l' aîné, ce matin, un peu attristé aussi sûrement, mais content de retourner à sa vie montréalaise heureuse et bien remplie. C' est ce qui compte.

Parents-poule, nous??? Pas du tout!...Bon, peut-être un peu. Que peut-on y faire?
Pour le moment, enfiler nos bottes et aller respirer un bon coup d' air frais, sous ce soleil radieux qui salue le 1er de l' an. Au chalet tiens, pourquoi pas? Tant de petits bonheurs m'y attendent, comme toujours! Bon premier de l' an à vous!

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