vendredi 22 août 2008

La Cinquantaine en touriste à Québec!

Dans l'attente d'un signe du Portugal, quoi de mieux que d'aller passer quelques jours dans la ville la plus médiatisée de cet été et pour cause: Québec. Ces trois dernières journées m'ont permis de la redécouvrir, parée de ses atours de grande fête et vibrante d'activités et spectacles à chaque coin de rue.

Vraiment difficile de ne pas aimer Québec! La basse-ville depuis qu'elle s'est refait une beauté-et une réputation-, la Gare du Palais avec son architecture presque centenaire, le vieux port avec ses Halles animées, le Musée des civilisations, la Place Royale au coeur de laquelle s'érige humblement mais fièrement l'église Notre-Dame des Victoires, antique "abitation" de Samuel de Champlain, construite il y a 4 siècles. La haute-ville, dont on ne se lasse pas d'arpenter les ruelles de pierre ni d'admirer les édifices d'une autre époque si joliment entretenus et invitants. Les multiples terrasses de cafés toujours remplis d'une foule joyeuse et colorée, aux accents variés.

Côté spectacles, dire qu'il y en a pour tous les goûts serait un euphémisme. Dans l'espace de 3 heures, fifille et moi avons pu assister à une performance musicale tout à fait exotique d'un groupe de jeunes militaires venus de la Corée du Sud, apercevoir le groupe Tricot Machine à travers les fenêtres de la grande cafétéria aménagée non loin du port et, bien entendu, assister à la production géniale de Robert Lepage, le fameux Moulin à images. Impressionnant, si on me permet ce cliché...et achalandé, faute de trouver un mot plus approprié. En plein mercredi soir, 2 heures avant la présentation (à 22:00h) de cette fresque super-originale, nous avons eu peine à nous frayer un chemin jusque sur le quai qui fait face aux silos servant d'écran de projection. Une foule énoooooooorme s'y était déjà entassée, prête à patienter le temps nécessaire pour pouvoir contempler l'oeuvre. Tout comme la majorité, si ce n'est la totalité de ce public, nous n'avons pas regretté, bien au contraire. En prime, un ciel clair et étoilé ajoutant une touche de romantisme à cette ambiance à la fois festive et disciplinée.

Sans enlever quoi que ce soit aux autres sites du Québec, il faut bien reconnaître que la capitale s'est surpassée pour être à la hauteur de ses 400 ans d'existence et l'absence d'un Mc Cartney ou d'une docteure Céline Dion n'y aurait rien changé, à mon humble avis. Mme Dion se présente justement ce soir devant cette foule qu'on anticipe immense; il fait beau, il fait chaud, ça va brasser là-bas en pas pour rire! Quant à moi, c'est devant mon lac que j'entends passer cette soirée, à écouter le clapotis des vagues en dégustant des guimauves grillées sur le feu. A chacun ses goûts!

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samedi 9 août 2008

Nouvelles du CHSLD: la cinquantaine moralisatrice?

Plus ça change et plus c'est pareil. Trop pareil! Des "bénéficiaires" qui meurent, des familles qui se précipitent aussitôt pour libérer sa chambre, -liste d'attente oblige- soulagés pour la plupart, autant pour elles-mêmes que pour le "bénéficiaire" en question. Humain, bien sûr, parce que la charge devient lourde à la longue. Préoccupant aussi.

Durant mon séjour à l'hôtellerie de l'hôpital, j'ai eu un jour l'occasion de parler avec une belle vieille dame aux cheveux blancs et aux yeux bleus encore vifs, qui m'a confié son angoisse face à son prochain "placement" en centre d'hébergement pour personnes âgées. Quelques semaines auparavant, elle avait fait un AVC qui l'avait laissée aphone et incapable de marcher. Elle m'a raconté- j'en ai encore la chair de poule- que juste à côté de son lit, ses enfants avaient discuté avec un médecin de la pertinence de l'inscrire dans un programme de réhabilitation. Les membres de sa famille semblaient d'accord pour la laisser dans son état du moment, "considérant son âge avancé et les possibilités presque nulles de la voir retrouver l'usage de la parole et la mobilité", sans même la consulter et ce malgré le fait non négligeable que son cerveau n'était pas atteint et donc, qu'elle était capable d'user de son jugement. Les yeux pleins d'eau, elle a devancé mon interrogation- la dame se déplace maintenant sans même une canne, et parle, bien que difficilement et avec des tremblements dans la voix- en me confiant qu'une physiothérapeute était allée la rencontrer seule pour lui demander son avis. Elle lui avait fait comprendre qu'elle était prête à tout faire pour pouvoir communiquer de nouveau, mais qu' elle ne voulait pas "déplaire à ses enfants"!...La physiothérapeute s'était alors chargée d'expliquer à la famille qu'à 75 ans et déterminée comme elle l'était, leur mère pouvait encore espérer retrouver une qualité de vie décente et qu'elle en avait le droit. Les semaines suivantes devaient lui donner raison et la belle dame lui en sera reconnaissante à jamais.

Dans les CHSLD, la triste réalité c'est que peu d'efforts sont faits pour redonner même un peu d'espoir à ces gens qui se voient condamnés à l'immobilité, à l'incontinence et souvent à l'abandon des leurs. Et je ne parle pas ici du travail exceptionnel de la plupart des infirmières et préposées; difficile et souvent ingrat leur boulot!

Bien sûr, si des gens ont été admis dans ces centres, c'est parce qu'ils étaient en perte d'autonomie physique ou mentale ou les deux. Mais à partir de quel "grand âge" peut-on s'arroger le droit de décider s'il vaut ou non la peine de leur donner des traitements qui puissent leur rendre la vie encore "vivable"? L'histoire de la belle vieille dame de l'hôtellerie et de cette physiothérapeute qu'elle appelle "mon ange" mérite réflexion non? Des petits miracles comme celui-là pourraient sûrement se répéter pour peu que cette société, qui fait l'autruche en regard de tout ce qui touche la vieillesse et tout ce qu'elle entraîne comme dépendance, se réveille et s'humanise davantage.

Quant à nous, les familles des personnes hébergées dans les CHSLD, ne devrions-nous pas tout mettre en oeuvre pour que les nôtres reçoivent les soins et traitements dont ils ont besoin, s'ils le souhaitent bien sûr. Parce que c'est leur droit et qu'un jour...ce sera notre tour!

A chacun sa réponse. Amen.

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