samedi 13 septembre 2008

La Cinquantaine en mode politique (billet)

La question à mon humble avis, n'est pas de savoir si le Bloc a encore sa raison d'être, ni même si Gilles Duceppe a les qualités et/ou la motivation nécessaires pour continuer à diriger ce parti dont le très frustré J.Brassard a dit tant de mal- la vengeance est douce au coeur du politicien déchu-. La question que tout Québecois, ultra-nationaliste ou simplement fier, devrait plutôt se poser ne serait pas plutôt:

Qu'est-ce que j'ai donc à perdre à permettant la réélection de Bloquistes au parlement fédéral? A partir du moment où on sait que le reste du Canada va voter tout bleu ou tout rouge, grand bien leur en fasse, quel grand danger y aurait-il donc à remettre sur une cinquantaine de sièges (au moins) des gens qui ont pour préoccupation majeure, tout en participant haut et fort aux grands débats sociaux de l'heure, de s'assurer d'une considération et d'un respect maximum de nos droits, comme "nation" minoritaire? Qui est plus à même de mettre les régions du Québec à l'agenda, que ces Québecois convaincus eux-mêmes?

Me semble que cela va de soi et j'espère bien que nous serons nombreux à le croire le 14 octobre!

Libellés :

mardi 9 septembre 2008

La Cinquantaine de retour: chronique du CHSLD

Plus ça change, plus c'est pareil au "Foyer"...exception faite des travaux de rénovation entamés avec seulement un an de retard.

-Mme Pînson, dont les périodes de réclusion "volontaires" sont de plus en plus fréquentes,ne chante plus du tout :( Il faut dire que sa voix est de moins en moins audible et son esprit apparemment plus "égaré" que jamais. De plus, ses mains de plus en plus inutilisables. On en vient à regretter ses petites crises et ses gros jurons. Hier, on avait déposé devant elle une petite "cuve" de crème glacée, sachant bien que sans aide, elle ne peut la manger, la pauvre...La Cinquantaine s'est fait bénévole, mais y'avait pas de quoi fouetter un chat, vraiment!

-M.M., égal à lui-même: farceur, indépendant,pas plaignard pour un sou malgré son "emprisonnement" forcé dans un fauteuil roulant qu'il manie avec de plus en plus de maladresse. Sclérose en plaques de malheur! (Il ne faut pas oublier de souscrire
à la campagne d'automne!)

-Mme L.,qui n'a pas reçu une seule visite depuis le temps que nous fréquentons les lieux (un an et demi) n'est plus la même depuis le décès de sa seule amie et voisine d'en face. Elle se retrouve à se parler à elle-même, à voix moyennement basse, jour après jour. L'été passé encore, elle était capable de prendre part à nos conversations sur la terrasse et même de comprendre les blagues de M.M. On doit être à la veille de la "reclasser", c'est-à-dire de l'envoyer dans le secteur prothétique (i.e l'aile semi-isolée des gens atteints de démence et d'Alzheimer).

-Ma mère? De moins en moins égale à elle-même, avec des périodes de "gratouille" qui l'ont rendue fatiguée et aigrie ces derniers mois. Elle vient de recevoir les soins appropriés: on ne voyait pas la nécessité de lui faire des tests d'urine, jusqu'à ce que (pressions familiales aidant)on s'y résoude, il y a quelques jours. Conclusion: importante infection urinaire, devant être traitée aux antibiotiques. Tiens donc!...

-Côté activités, les bénéficiaires ont eu droit hier à une dégustation de chocolat. Au diable le diabète et le cholestérol, le temps d'une heure et demi de plaisir gustatif. Bonne idée! Meilleure nouvelle encore: on est en train de réévaluer le programme d'activités hebdomadaires, de manière à les diversifier et de répondre aux besoins d'une clientèle qui sera de plus en plus exigeante. Eh oui, nous, les babyboomers supposément citoyens gâtés entre tous, on arrive!...Quoi qu'il en soit, le bingo et les sacs de sable, c'est l'fun (l'est-ce?), mais 3-4 après-midis sur 5? Et puis 0 activité les fins de semaine, c'est quoi l'idée? Assis dans un fauteuil roulant à fixer les murs du vendredi après-midi au lundi après-midi, que ça doit donc être le fun!...

Tant pis si cette petite chronique sonne le négatif. Dans les circonstances actuelles, je ne vois pas trop comment on pourrait percevoir comme positive l'expérience du vieillissement en CHSLD, surtout pour le trop grand nombre de ces aînés qui sont à-moitié ou complètement délaissés par leurs proches. Quant au personnel chargé de leur bien-être, quelques anges restent, mais le mot "désabusement" se lit sur le front et dans l'attitude de plusieurs et on ne peut pas trop leur en vouloir.

Quel enviable système de santé que le nôtre, n'est-ce pas?...

Libellés :