
Pour faire suite à mon dernier propos: Voyager en tout inclus...,je vous avouerai que ce n'est pas le style d'escapade que j'aimerais répéter trop souvent, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons que mon amie Marie-Julie de Taxi-Brousse. Si elle n'est pas trop friande des sites tranquilles, c'est sûrement en bonne partie parce qu'elle est encore loin d'être une "mémère"! :) En avançant dans le vie (ne vous moquez pas de mon euphémisme s.v.p), on devient un peu insécure; disons qu'on a besoin de savoir où on met les pieds et d'éviter si possible de s'enfarger dans ceux des autres. Sous cet aspect, le Catalonia convenait très bien à nos attentes, quoique nous ayons bien apprécié le fait de pouvoir aller nous promener dans le village tout proche de Puerto Aventura.
D'abord, le dépaysement n'est pas très aigu: l'accent québecois résonne partout dans ces hôtels touristiques! Or pour quelqu'un comme moi qui ne voyage pas si souvent, le dépaysement est un des éléments essentiels au plaisir de vivre sous d'autres latitudes. J'aime entendre parler la langue des "natifs", surtout si je la comprends et que je la parle, comme c'est le cas pour l'espagnol. A ce propos, mon conjoint me faisait remarquer comme le regard et l'attitude de nos hôtes changeait en m'entendant leur répondre dans leur langue! Nous l'avions constaté aussi au Costa-Rica, mais de manière moins frappante, bizarrement. Tiens, ça me rappelle une anecdote:
J'avais pris l'habitude de me rendre à l'un des 4 restos-buffet à chaque midi, toujours le même, non seulement pour la saveur des plats, mais aussi parce que le serveur, un jeune homme dans la vingtaine au large sourire aimait beaucoup venir me piquer une jasette (en espagnol). Au milieu de la semaine, je lui ai demandé où on pouvait acheter des souvenirs différents de ceux qu'on trouve supposément à la fameuse Playa del Carmen dont on m'avait décrié le manque d'authenticité - du "made in China", ça vous dit quelque chose?- et les prix exorbitants. Mon jeune interlocuteur avait fait semblant d'ignorer ma demande, sans doute surpris que je ne veuille pas suivre l'exemple de 99% des touristes...L'avant-dernier jour cependant, après une autre de nos conversations dans laquelle je lui avais expliqué que ce que je regrettais le plus, c'était de ne pas avoir eu vraiment de contacts avec le "vrai monde" du Mexique, il s'est ravisé. Prudemment, en vérifiant si ses collègues, ou son superviseur je ne sais trop, l'observaient, il a déchiré un coin de ma serviette de table et écrit dessus: "Tullum pueblo". Petit clin d'oeil et le voilà qui s'éloigne.
Cette simple petite note nous a permis non seulement de réaliser des super-aubaines dans des petits magasins super sympas, mais aussi d'expérimenter le transport par "collectivo", ces petites "vannettes" qui s'arrêtent à chaque coin de rue pour laisser embarquer 7-8 citoyens à la fois. Le trajet de 40 minutes n'a pas été sans nous donner de bonnes palpitations- on se demande bien à quoi servent les panneaux de limites de vitesse dans ce pays, ouf!!!- mais il nous aura au moins permis de passer un petit moment avec le "vrai monde", celui qui vit juste derrière les méga-riches complexes hôtelliers, avec un salaire moyen de 400$ par mois, pendant que son président et sa cour mènent un train de vie de multi-millionaires. Ces infos nous ont été données par notre guide à Coba, mais surtout confirmées avec moulte détails par le chauffeur qui nous a ramenés de Tullum à l'hôtel après cette mémorable journée hors-tourisme...
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