samedi 20 mars 2010

La Cinquantaine toujours vivante

Mon dernier billet remonte à un bout de temps déjà, je sais...Paresse? Manque d'inspiration? Un peu de tout ça, je le confesse. Ecrire pour moi ne doit pas être une exercice ardu- tout en étant exigeant parfois au niveau de la forme- mais avant tout un plaisir et pour cela, il faut en avoir vraiment envie. Aujourd'hui, j'ai eu justement envie de reprendre le clavier pour reprendre mes souvenirs de prof. Je songe à remettre ensuite à jour ma "chronique" du CHSLD.

C'était à la mi-juin: mon dernier jour de classe avec un groupe vraiment sympathique, mon groupe chou-chou en quelque sorte. Une belle jeunesse de 16 printemps d'une maturité et d'une sociabilité hors du commun. Il faut dire que j'étais moi-même à l'époque encore bien loin de la cinquantaine, ce qui facilitait je suppose les relations prof-élèves. Ce dernier cours devait être plus occupationnel qu'instructif, comme c'est généralement le cas à la veille des examens de fin d'année. Les élèves avaient apporté des jeux de société, nous avions échangé sur leurs projets de vacances et les miens, bref une belle période de 75 minutes...ou plutôt 70. C'est que 5 minutes avant la fin du "cours", 2 représentants du groupe m'avaient demandé de tout arrêter parce qu'ils avaient un petit présent pour moi. Wow!!! Rares sont des démontrations concrètes d'appréciation au secondaire, j'en étais toute surprise et émue! Les voici donc qui déposent sur mon bureau un paquet joliment emballé, tout sourires, apparemment émus eux aussi. L'un d'eux me remercie au nom des autres pour cette belle année, me complimentent un peu...je rougis, au bord des larmes. Puis je me mets à déballer ledit paquet. La première couche de papier enlevé- ils en avaient mis des couches!-, je crois déceler une odeur bizarre qui ne s'apparente en rien à une quelconque eau de toilette, sinon peut-être à celle de la toilette...C'est là que j'entends des rires étouffés qui ne me disent rien de bon, mais comme ces élèves ont été si gentils tout au long de l'année, je n'ai aucune raison de m'inquiéter voyons! J'arrive à la dernière couche de papier alors que l'odeur inconnue se fait de plus en plus persistante et nauséabonde. Enfin, le fameux "présent" m'apparaît, sous forme de... grenouille conservée dans le formol! Nooooonnnnnn! Sous les applaudissements et les rires, je manque défaillir, le souffle me manque, je commence à voir vert...et croyez-le ou non, je mets à courir, poursuivie par les p'tits vlimeux qui brandissent l'objet de mon dégoût, bien décidés à me le mettre sous le nez. En tournant le coin du corridor, en proie à une panique folle et incontrôlable, je rentre dans quelqu'un...qui se trouve à être le principal de l'école. Les malcommodes s'arrêtent net, cachant la bibitte derrière leur dos, pendant que je me jette, volontairement cette fois, dans les bras robustes du directeur ébahi, rouge comme une tomate-personne n'a eu à me le confirmer, je savais!- et le coeur battant. Une fois un peu calmée et les explications données sur la raison de mon comportement débridé, je n'ai pas le temps de retourner à la classe pour exprimer ma déception et ma peine à mes 30 malfrats, que la cloche sonne. Trop tard! ...

J'ai eu à la rentrée scolaire suivante, l'occasion d'en reparler avec quelques-un d'entre eux. Mais pourquoi??? "Madame, on a juste voulu vous faire une petite blague parce que vous nous aviez raconté que lorsque vous étiez étudiante au secondaire, vous trouviez toujours le moyen de sécher le cours de biologie, tant votre horreur du formol et des bêtes qui baignaient dedans était grande.

Ils ont regretté, je leur ai pardonné.

Morale de cette histoire: ne jamais oublier que les ados ont parfois une manière peu orthodoxe d'exprimer leur affection et...ne jamais raconter quoi que ce soit qui puisse leur donner des idées malsaines! :)

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2 commentaires:

À 21 mars 2010 08:40:00 HNE , Blogger Odile a dit...

Ah ça fait du bien de te lire à nouveau ! Quelle maladresse en effet dans ce "présent" de tes élèves... Sans doute auront-ils appris, eux aussi, de cette bourde.
Bonne semaine à toi.

 
À 24 mars 2010 18:18:00 HNE , Blogger Oxygène a dit...

Pauvre Marie ! Je comprends ton horreur.... Il faudrait distribuer ton billet à tous les profs pour qu'ils se méfient des fins d'année... Mes élèves à moi n'avaient que 6 ou 7 ans et n'avaient pas encore de telles idées... Ouf ! Je l'ai échappé belle... ;-)

 

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