dimanche 10 mai 2009

Petite chronique du CHSLD

De retour à ma petite chronique après quelques mois de négligence bien involontaire. C'est qu'en devenant officiellement bénévole à la Résidence de la Paix -quel euphémisme ce " paix"!), plus les activités de fin d'année dont une majeure aujourd'hui-même, reliées au comité de la Condition des femmes de l?AREQ, le temps s?est écoulé de manière vertigineuse. Je dois aussi confesser que mon petit péché: jouer au scramble sur Facebook est presque devenu un sacrilège, mais bon c?est une autre histoire, qui s'est retrouvée tout à fait par hasard dans le journal Les Affaires! Ayoye!

Revenons au CHSLD. En bref :

- Mme Pinson continue de jouer au yoyo : un petit coup de déprime par ci, un regain de bonne humeur par là, sans toutefois laisser libre cours comme auparavant à ses talents de cantatrice. Ces temps-ci elle me boude et je soupçonne que la cause en est que mon bénévolat ne me laisse plus beaucoup de temps à lui consacrer en exclusivité. Une véritable enfant cette dame, avec son énorme et un peu accaparant besoin d?attention. Il faut dire qu?elle a manqué d?amour toute sa vie, particulièrement durant son enfance, la pauvre :(

- Monsieur Marcel, notre intarissable conteur de blagues et éternel optimiste: sa santé continue malheureusement de décliner à cause de la sclérose en plaques qui, en passant, fait de lui le doyen de la Résidence à 73 ans. Il y est depuis 16 ans. Difficile à imaginer?

- Madame N., aussi atteinte à 56 ans de cette cruelle maladie, trouve le temps tellement long qu?elle a développé un compulsif besoin de grignoter. Il semble aussi qu'elle carbure au café, peut-être pour sentir en elle l?adrénaline dont elle est privée depuis déjà trop longtemps.

- JE, une très chère ex-collègue enseignante, a dû être « placée » à la Résidence à cause de l?évolution de sa propre malédiction: l'alzheimer. Sans me reconnaître, elle saute de joie en m'apercevant et s'accroche avec joie à mon bras pour monter au 2e; là elle tente tant bien que mal de s?intégrer à notre « chorale ». Quant au jeu de cartes, il se résume dorénavant pour elle à un simple, trrrrrrrrrès simple exercice de la main. Elle qui aimait tellement ça!...

- Maman Lily, qui a eu 89 ans le 2 février, tient le coup. Nos visites désormais quotidiennes et non plus bi-quotidiennes lui sont aussi nécessaires et, j'imagine bienfaisantes, que le soleil du printemps. Elle a des moments de confusion un peu plus fréquents, ce qui ne l?empêche pas de faire montre à l?occasion d?une lucidité à faire peur, par exemple lorsqu'elle remarque mes petits bourrelets! Curieux, à bien y penser, de la part de ce petit bout de femme devenue presque aveugle à cause de cataractes impossibles à opérer! Humm...

Plusieurs résidentes sont passées de l'autre côté du mur au cours des derniers mois, dont une dame charmante au sourire radieux, qui n'avait jamais accepté son "placement" et souhaitait mourir depuis le 1er jour à la Résidence. Elle a été exaucée plus vite que les siens s'y attendaient. Tant mieux pour elle et pour eux, qui avaient épuisé en vain tous leurs arguments et n'en pouvaient plus d'entendre jour après jour ce " si le bon dieu peut venir me chercher !"
Elle me manque...

On a enfin procédé en mars dernier, au déménagement d'une douzaine de pensionnaires dans leurs toutes nouvelles chambres. Pas trop tôt! Il reste cependant beaucoup de travaux à terminer, à commencer par la belle grande terrasse où nos amis pourront se réunir et profiter des beaux jours, les yeux plissés mais pour la bonne cause: les petites blagues du grand M.Marcel!

I can't wait!

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