Chronique cancer: la difficulté d'être traité "au loin".
Ce qui n' allège pas l' épreuve, bien au contraire, c' est précisément le fait que l' hôpital le plus près de chez soi n' offre pas les services de radio-oncologie, ce qui est le cas du CSSS du Domaine-du-Roi (Roberval).
La distance entre chez nous et Chicoutimi est de 258km aller-retour. S' imposer 3 heures de route quotidiennement en plus des traitements et des effets même mineurs qu'ils provoquent- plutôt majeurs en ce qui concerne les malchanceux qui font de la chimio- ne serait pas vraiment "raisonnable"; nous, du Lac Saint-Jean, de la Côte-Nord et de la région de Chibougamau n' avons donc pas d' autre choix que de résider à l' Hôtellerie. Cela signifie rester entre les murs de l' hôpital plusieurs heures par jour, surtout par ce temps pluvieux que nous connaissons depuis le début de juin. Cela signifie voir le monde en blanc jour après jour durant 6 à 8 semaines: blanc comme les uniformes du personnel soignant, comme les draps recouvrant les malades sur les nombreuses civières qui circulent dans les corridors, comme les sarrauts des employés de la cafétéria, comme la plupart des visages croisés à l'étage des salles de traitements...Cela signifie aussi devoir s' habituer bon an mal an aux odeurs de produits stérilisants et asceptisants qui "embaument" l' air, même de la cafétéria.Tout un "parfum" que celui de ces produits mélangé avec l'arôme du poisson frit et autres mets cuits façon...hôpital. Pas surprenant que plusieurs en viennent à perdre l' appétit!
Certains organismes et établissements de santé acceptent de défrayer les coûts de transport et d' hébergement reliés aux traitements devant être suivis à l' extérieur. C' est le cas par exemple des des hôpitaux des Escoumins et de Chibougamau. Quant au secteur de Roberval, l' hôpital n' accepte de s' engager financièrement qu' envers les patients devant se faire soigner à plus de 500km aller-retour de chez eux. C'est d' ailleurs la réponse que j' ai obtenue de manière plutôt cavalière je dois dire, en allant vérifier personnellement cette information. Comme s'il était question de charité, ayoye!...Bref, il reste heureusement Défi-Cancer, un OSBL situé à Roberval, qui assume les coûts d'hébergement et de stationnement pour toute personne atteinte de cancer recevant des traitements à Chicoutimi. Les coûts du transport par contre restent à la charge des personnes concernées.
C' est très bien que certains hôpitaux au moins reconnaissent les désagréments causés aux malades par leurs carences en équipements et/ou en personnel et que cette reconnaissance se traduise par un chèque. Mais il n' en reste pas moins que ces carences, alors qu' on prévoit une augmentation sensible des cas de cancer dans un avenir rapproché, devraient être comblées par tous les moyens! La condition psychologique et la récupération physique vont de pair, personne ne dira le contraire, n' est-ce pas? Or, il devient difficile, après quelques semaines de traitements de maintenir un bon moral, particulièrement si on doit passer cette épreuve loin de ses repères familiers et des siens. Logique non?
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