Dédé à travers les brumes: un film bouleversant

Quel film!!! J'avoue que même après avoir lu quelques critiques faisant référence surtout au "ton" de cette histoire vécue trop mal par un artiste de chez nous parti bien trop vite, je ne m'attendais pas à ce qu'un courant d'émotions intenses m'atteigne à ce point-là.
Des circonstances particulières avaient fait en sorte que je puisse assister à l'un des derniers gros shows des Colocs, au Festival d'été de Québec en 1999. J'avais été ébahie par l'énergie de ce fameux Dédé dont je ne peux pas dire que j'étais une si grande fan jusque là, mais j'y avais surtout découvert la richesse de ses textes pourtant si simples en apparence. C'est drôle, je me souviens d'avoir pensé que certains de ces textes chantés par un autre que lui auraient paru fades, voire "plates" et ce pas seulement parce qu'il en était l'auteur, mais, comment dire... à cause du ton doux-amer avec lequel il les interprétait, d'une voix rauque qui les faisait ressortir de manière vraiment spéciale. Bref, j'étais tombée sous le charme et le suis restée par la suite.
C'est pourquoi sans doute j'ai été si touchée il y a quelques heures par le film Dédé à travers les brumes. Je suis sûre de ne pas avoir été la seule à ressentir toute la détresse qui a habité ce génial p'tit gars du Lac durant les dernières années de sa trop courte vie; il y a des moments durant le visionnement où on aurait le goût de le prendre dans nos bras et de le bercer comme l'enfant qu'il était et qu'il aurait probablement voulu rester. On serait aussi tenté de blâmer son entourage, ses amis du groupe, sa blonde, pour leur mollesse devant son refus de se faire soigner, bien que tous aient été conscients du gouffre au bord duquel il errait depuis un bout de temps. C'est tout un message que nous inspirent les dernières images du film: ne jamais avoir peur d'insister et d'agir si on voit un proche s'enfoncer dans la peine et la dépression.
Il me semble qu'aujourd'hui on entend beaucoup parler de "respect" lorsqu'il est question d'une personne en détresse: "il file pas et préfère être seul, il faut respecter ça". Le "respect" ne devrait-il pas plutôt se manifester en gardant un oeil bien ouvert et une bouée de sauvetage prête à être lancée en tout temps? Le corps de Dédé Fortin a été retrouvé 2 jours après son suicide par "seppuku". 2 jours...une éternité!
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