mercredi 20 mai 2009

Hommage à G...

Ce qui malheureusement caractérise aussi la cinquantaine, c'est la perte de plus en plus de nos proches, ce qui nous amène inévitablement à faire de la projection, à réaliser qu'un jour ou l'autre, en souhaitant que ce jour vienne le plus tard possible bien sûr, ce sera notre tour...

En fin de semaine dernière, ma famille se retrouvait de nouveau réunie à l'occasion d'un décès: celui d'une belle-soeur de 65 ans. Elle avait dû baisser les bras ce 3 mai, après avoir courageusement lutté contre un cancer qui ne lui avait guère laissé de répit depuis 16 ans. Une bonne vivante que cette femme aimée de tous, archi-populaire durant sa carrière d'enseignante, surtout à Québec, mais ayant fait ses débuts ici au Lac. Elle était sans aucun doute la "rassembleuse" de la famille, celle qui ne juge jamais et accepte les gens tels qu'ils sont, ce qui avait pour effet de lui attirer les confidences autant de ses neveux et nièces que de ses frères et soeurs. Et Dieu sait si dans une famille comptant 9 enfants, il y en a des petits et gros secrets!

En observant la parenté au Salon funéraire dimanche dernier, je ne pouvais m'empêcher de
penser à ce qu'on dit souvent, de manière bien exagérée mais quand même: pourquoi est-ce que ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier? Non pas qu'il y ait tant de "mauvais" au sein de cette belle-famille typique, c'est-à-dire avec des échantillons de tous les tempéraments qu'on peut s'attendre à y trouver, mais on ne peut nier que certains "cas" sont plus attachants que d'autres et c'était le cas de G. Elle est la première sur les 9 à avoir traversé le mur, tout en étant l'une des plus jeunes. Injustice? Fatalité? La loterie de la vie...

Invités à livrer des petits témoignages d'affection envers G., qui ne manquait pas de faire régulièrement les manchettes entre autres par ses légendaires distractions, son frère aîné aisni que deux de ses soeurs, émus, la voix tremblottante, y sont allés de quelques anecdotes qui ont su dérider l'assistance. Rires et larmes, larmes et rires...Quant à moi, je me suis permis d'évoquer un souvenir très spécial:

au début de ma relation avec "papou", ma mère, comme toute business woman qui se respecte connaissait presque tout le monde du coin, s'inquiétait de n'avoir jamais entendu parler de cette famille récemment installée sur la Côte-Nord. Ou si peu, trop peu à son goût...Je lui énumérais les noms de la plupart de mes futurs beaux-frères et belles-soeurs-il valait mieux passer sous silence le fait que deux d'entre eux s'étaient séparés, o horreur!-, vantant leur grande éducation, leur gentillesse, leur assiduité religieuse (l'Argument avec un grand A!), etc. Ma soeur alors âgée de 15 ans, apparemment indifférente jusque là à cet échange peu convaincant, bondit en entendant le nom de la regrettée G., et prononça les mots qui devaient sceller le sort de mon prétendant, pour le meilleur et pour le pire:

" ben moi si j'avais une belle-soeur à choisir dans le monde, ce serait elle, ma prof de 5e année que tout le monde adorait".

Merci G! Tu as été et tu resteras pour moi un ange!

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