jeudi 18 janvier 2007

La cinquantaine triste

Ma mère aura bientôt 87 ans. Aujourd' hui, après avoir passé plus de 10 mois au département de réadaptation de l' hôpital- elle s' était retrouvée à demi-paralysée suite à une malencontreuse chûte-, nous avons dû la transférer en C.H.S.L.D

Petit bout de femme fière, active, pleine d' énergie jusqu' à ce qu' un premier AVC ne vienne la frapper il y a 8 mois, ma mère passera le reste de sa vie dans un fauteuil roulant. Elle est et restera dépendante des soignants et intervenants d' un milieu où elle avait juré de ne jamais vivre. "Plutôt mourir", disait-elle. Mais elle continuera de vivre, jusqu' au bout d' un chemin injuste et cruel, parce que la vie triomphe...presque toujours.

Le corps, ce traître, a fait d' une combattante, une victime humiliée et qui plus est, consciente de l' humiliation; parce que l' esprit lui est resté fidèle...pour le meilleur et pour le pire. Et pourtant, en quittant ma mère ce soir avant sa première nuit au "foyer", je l' ai entendue me dire "merci pour tout" et me gratifier d' un sourire. Pas un sourire doux-amer! Juste doux...

C' est cette image qui m' aidera à glisser vers le sommeil et je sourirai à mon tour, malgré la tristesse. La vie n' a qu' à bien se tenir, ma mère, cette combattante, n' a pas dit son dernier mot et nous, sa famille, serons à ses côtés!

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